Vers une banalisation des outils biométriques?

Vers une banalisation des outils biométriques?

Refaire sa carte d’identité aujourd’hui, c’est également fournir ses empreintes. Un geste banal, qui pourtant, inquiète de plus en plus les français.
Car du cadre administratif, ce type de données dérive aujourd’hui vers l’utilisation d’outils du quotidien, et les entreprises commencent à installer des appareils, de type pointeuse nouvelle génération, qui ne sont pas au goût de tous.

Une mairie sous haute surveillance

Le scandale remonte à 2010. La mairie de Garges-lès-Gonesse , située au nord de Paris, avait alors mis en place une pointeuse biométrique destinée à comptabiliser les heures effectuées par les agents municipaux.
Mais la CNIL avait émit un avis défavorable quant à l’utilisation de celle-ci, jugeant la mise en place d’un tel dispositif disproportionné.
En effet, l’efficacité de cette pointeuse reposait sur le scan des doigts des agents municipaux, qui devaient pointer en apposant deux doigts dans le cadre réservé à cet effet, matin et soir.

La pointeuse au placard?

Si certains crient au flicage, c’est surtout l’usage de la biométrie qui est mal perçue. Un système du type badgeuse ou pointeuseaurait largement suffit à contrôler les horaires des employés municipaux.
Vient ensuite le coût. La mise en place des huit badgeuses biométriques sur le site aurait nécessité un budget de 200 mille euros. Une somme monstrueuse pour un tel usage, la mairie ne détenant pas de dossiers aux données sensibles.
La CGT avait alors saisi la CNIL, qui avait dû se rendre à l’évidence: le système n’était pas assez bien cadré.

Vers un renforcement des conditions préalables à l’usage d’une pointeuse High Tech?

La technologie progresse d’année en année, y compris en matière de gestion du temps, sans mauvais jeu de mots.
La CNIL se penche donc sur la question de l’usage de la biométrie en entreprise. Cadrer l’installation de ce type d’appareil, c’est éviter les dérives. Car entre de mauvaises mains, ce qui n’était qu’un objet permettant de comptabiliser les heures d’arrivée et de sortie des employés, peut devenir un véritable moyen d’intrusion. En utilisant un membre de notre corps (œil, doigt, …) nous pouvons donner de nombreux indices sur nous.
On parle beaucoup aujourd’hui de comme l’usurpation d’identité  (une personne subtilise une carte d’identité, puis, parvient à voler la vie complète de son possesseur originel, jusqu’à ce que l’Etat même ne puisse plus différencier le voleur de la personne réelle). Imaginez ce qu’on pourrait faire avec vos empreintes digitales…
Bien entendu ce type de système va se développer, reste à savoir quel cadre sera mis en place afin de limiter les abus. Si nous en venons à devoir sortir notre index à chaque fois que nous entrons au bureau, quelles dérives pourraient être créées?
Et puis, ne vous a t’on jamais dit qu’il n’était pas beau de pointer du doigt?

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